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L’architecture
et la construction
L’architecture
Au service de la ville de Marck
depuis 1947, Maurice Suaudeau (1915-1987) s’est
vu confié la construction de la nouvelle église.
Cet architecte exerçant à Enghien-les-Bains
et à Calais a réalisé un bâtiment
dont les formes étaient d’avant-garde pour
une église. Un autre lieu de culte moderne avait
été édifié peu de temps
à Audinghen.
La nouvelle église serait
reconstruite à l’extérieur du cimetière
et serait desservie par une large avenue d’une
cinquantaine de mètres, construite depuis la
place de la mairie, se trouvant ainsi face au monument
aux Morts. Un parking serait aménagé aux
abords de l’édifice.
Un inconvénient de taille
s’est présenté dès le début
du projet : le terrain offert à la paroisse pour
l’édification de la nouvelle église
était plus bas de deux mètres par rapport
au niveau de la place. Il a fallu aménager des
fondations spéciales et construire une espèce
de socle afin d’élever l’emplacement
au même niveau que la place de la mairie. Les
matériaux de remblai se trouvaient à proximité
; la société chargée de la reconstruction
avait acheté opportunément les ruines
de l’ancienne église. Elles ont servi d’assise
au nouveau bâtiment.
L’ossature de l’église
est en béton armé et mesure huit mètres
de haut. Des potaux de bases supportent le dôme
elliptique composant la toiture du sanctuaire. La hauteur
du clocher est volontairement limitée à
dix-huit mètres à cause de la proximité
de l’aérodrome. A l’extérieur,
à la droite du porche, était prévue
une statue haute de deux mètres de Saint-Martin…
qui n’a jamais vu le jour.
Le chauffage de l’église
sera à infra-rouge, un autre chauffage au propane
cette fois, a été agréé
par la Commission départementale de sécurité.
Les cloches seront électrifiées.
Le bâtiment promet d’être
une réussite sur le plan architectural. Les marckois
devraient retrouver un nouveau lieu de prière
seize ans après la destruction de l’ancienne
église.
La première maquette
de l’édifice fut présentée
au stand des réalisations du Ministère
de la Reconstruction et du Logement à la Foire
commerciale de Calais en 1958.
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Dessin de l'intérieur
de l'église selon son architecte Maurice
Suaudeau |
La construction
Né en 1930, Francis
Militon était au début des années
soixante, chef de chantier pour la société
« Encotra ». A ce titre, il avait la responsabilité
de l’avancement des travaux. Avec son équipe,
il est arrivé sur les lieux où serait
édifiée la nouvelle église. «
Le début du chantier fut très
difficile, se rappelle Francis Militon, le temps était
très pluvieux et nous n’avions pas de camion
pour amener les matériaux. Nous avons remblayé
avec les ruines de l’anciène église
grâce à un cheval et un tombereau que nous
avait prété Paul Delfosse, l’agriculteur
voisin. Nous avions également des wagonnets comme
à la mine. Nous avons dû effectuer les
fouilles à la main, faute de matériel
».
L’équipe de Francis
Militon en a vu d’autres au début de la
construction. Au premier percement, il s’est aperçu
que l’eau se trouvait à fleur du terrain.
Les sondages étaient effectués par la
société « Socotec ». Une pompe
a été installée en permanence à
une profondeur de 2,20 mètres.
Les fondations construites,
le coulage de la première moitié de la
dalle a eu lieu durant l’été 1961,
le temps des vacances a permis le séchage. La
deuxième partie prit place au cours de l’automne.
Les armatures ont été posées par
la société « Hennebique »
de Paris. A cette époque, cette entreprise était
la première spécialisée dans le
béton armé.
En cours de construction, un
changement de taille est intervenu. La nouvelle liturgie
ayant permis aux prêtres de célébrer
la messe face aux fidèles, il a fallu desceller
l’autel au marteau-piqueur afin de procéder
à son retournement.
La construction du gros œuvre
a duré environ un an et a coûté
300.000 nouveaux Francs de l’époque, soit
environ 388 000 €uros (valeur en 2004).
Les propos concernant la construction ont été
recueillis auprès de Francis Militon le 4 février
2004.
Différentes phases de la construction.
En bas à droite, l'église
Saint-Martin au XXIème siècle
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