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Les
vitraux
Portrait de Gabriel
Loire
Gabriel Loire est né à Pouancé,
petite commune de l’Anjou le 21 avril 1904, d’une
famille de tanneurs. Il fait ses études dans
le Maine-et-Loire au collège de Combrée
puis à l’Ecole supérieure de commerce
d’Angers.
En 1924, il rencontre Georges
Merklen, le maître verrier de la cathédrale
d’Angers. Il se passionne pour les vitraux anciens
dont il dessine des fragments. Il choisit ce sujet pour
rédiger sa thèse de fin d’études.
Après son service militaire, il vient à
Chartres et rencontre le chanoine Delporte. Ce dernier
le met en relation avec le maître verrier Charles
Lorin qui l’engage dans son atelier d’abord
comme assistant puis comme associé jusqu’en
1929. En 1932, il expose à la Société
nationale des Beaux-Arts où il est élu
membre associé de la section Art décoratif.
Il est ensuite élu président de l’Amicale
des arts à Chartres et publie son premier «
Echo des Beaux Arts du département d’Eure
et Loir. En 1936, il quitte les ateliers Lorin et se
tourne vers d’autres formes d’art que le
vitrail ».
En 1946, il crée son
propre atelier de vitrail. Au début, il y assure
toutes les fonctions. En fin d’année, douze
personnes travaillent pour lui. C’est l’époque
de la restauration des églises. En 1948, il fait
l’acquisition d’une propriété
qu’il nomme « La Clarté » à
Lèves, dans les faubourgs de Chartres. En 1950,
il obtient sa première commande pour les Etats-Unis.
L’année suivante, son fils Jacques le rejoint
à l’atelier. A partir de cette époque,
les chantiers s’enchainent : chapelle de l’Ecole
navale de Rio de Janeiro, First Presbyterian Church
de Stamford dans le Connecticut, la chapelle du collège
Daher au Caire ou encore l’église Commémorative
du Kaiser Wilhem à Berlin. L’atelier connaît
une période faste : plus de quarante personnes
y travaillent. La liste des œuvres du Maître
Gabriel Loire est impressionnante.
Chevalier de l’Ordre
national de la Légion d’Honneur et Officier
de l’Ordre national du Mérite au titre
des Beaux-Arts, Gabriel Loire est décédé
en 1996.
Les vitraux de
l’église Saint-Martin
Dans cette église résolument
moderne, les vitraux tiennent une place importante.
Ils ont étonné, voire scandalisé.
C’est le propre de l’art que d’affronter
une époque.
Les premiers vitraux posés
dans l’église Saint-Martin sont composés,
d’une part, de 84 panneaux placés autour
de la voûte, et d’autre part de 14 panneaux
représentant les stations du Chemin de Croix.
Il s’agit ici de réalisations originales
d’art abstrait conçues par le Maître-verrier
Gabriel Loire. Les couleurs sont vives. Un grand panneau
de verre est placé sur le bas-côté
de l’église. Il est inspiré du partage
du manteau de Saint-Martin, patron de l’édifice.
Là aussi, il s’agit d’une réalisation
abstraite en verre éclaté, serti dans
le ciment armé. Le rouge domine un ensemble de
tons clairs et chauds. Ce mur a été construit
dans les ateliers de Gabriel Loire à Lèves
près de Chartres et posé à Marck
en juin 1962.
La technique utilisée
par Gabriel Loire s’inscrit dans l’esprit
des grandes verrières des XIIème et XIIIème
siècles. L’artiste se veut être le
conservateur des techniques utilisées à
cette époque. Ses méthodes de travail
contribuent à accroître la somptuosité
des couleurs et des tonalités. En taillant et
en éclatant la dalle de verre, on offre de nombreuses
facettes à la lumière.
Le ciment est le deuxième
matériau utilisé par Gabriel Loire. Uni
au verre, il offre une technique quelque peu brutale
propre à l’art moderne. Comme autrefois,
le vitrail redevient une mosaïque de verre, un
tapis lumineux dont la profondeur redonne parfaitement
l’effet recherché dans une église.
Réaliser des vitraux
est avant tout un travail d’équipe. Le
maître-verrier en est l’âme. Il en
est aussi le concepteur et en dirige l’éxécution
dans ses phases successives. A l’origine, Gabriel
Loire a conçu une maquette au 10ème. Elle
est agrandie au bureau du dessin à la taille
réelle du futur vitrail. L’étape
suivante est le calibrage de chaque pièce ainsi
que sa coloration. Plus de quatre cents nuances sont
déposées et affectées à
un numéro correspondant à la maquette.
L’ouvrier verrier peut alors commencer son travail.
Les plaques de verre d’une épaisseur de
27 millimètres sont découpées selon
les formes prévues dans la maquette sur un billot
armé d’une pointe d’acier. Le découpage
est effectué à l’aide d’une
marteline qui suit strictement chaque calibre. Une structure
de tiges de fer est préparée afin de solidifier
l’ensemble des pièces de verre taillées.
Le ciment liquide est alors coulé dans les espaces,
une couche de mastic huilé a préalablement
enduit le verre afin de faciliter le démoulage.
Les vitraux de l’église
Saint-Martin ont coûté 55.000 nouveaux
Francs, soit environ 68 000€uros
(valeur de 2004).
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Maquettes des vitraux
au 10ème |
Le
sens des vitraux du chemin de croix
Le sens des vitraux du Maître Gabriel Loire composant
le chemin de croix de l’église Saint-Martin
peut échapper à plus d’un visiteur.
Lors d’un office, l’abbé Marcel Vincent
avait fait publier la notice ci-dessous permettant ainsi
la compréhension d’une forme d’expression
abstraite.
Une croix de béton sur fond rouge forme le motif
principal de chacune des stations. Les attributs évoquent
pour chacune, une idée spéciale.
Il était impossible, étant donné
la petite dimension des stations, de créer des
figures qui auraient été trop petites.
1ère station : Jésus
est condamné à mort : une couronne d’épines.
2ème station : Jésus
est char-gé de sa croix. C’est l’acceptation
évoquée par le calice : Fiat.
3ème station : Première
chute – péché originel – première
faute, celle d’Adam et Eve évo-quée
par le serpent tentateur.
4ème station : Jésus
rencontre sa mère. La Vierge figurée par
une étoile rencontre la croix.
5ème station : Simon
de Cy-rèhe aide Jésus à porter
sa croix – ici un cœur la Charité
de tous ceux qui aident leur prochain à porter
leur croix.
6ème station : Sainte
Véroni-que : schéma de la Sainte Face
imprimé sur le voile de Véroni-que.
7ème station : Deuxième
chute – deuxième faute – celle de
Saint-Pierre (le reniement rappelé par le chant
du coq), faute pardonnée.
8ème station : Jésus
parle aux filles de Jérusalem – rappel
des mots du Christ aux saintes femmes – le bois
mort.
9ème station : Troisième
chute – la croix touche le sol – troisième
faute, celle de Judas, le péché contre
l’esprit, la corde de pendu.
10ème station : Jésus
est dépouillé de ses vêtements –
les dés à jouer – le partage au
sort de la tunique du Christ.
11ème station : Jésus
est cloué sur la croix – en attribut :
les clous.
12ème station : Crucifixion
– une hostie rayonnante : sacrifice de la croix
– sacrifice de la messe.
13ème station : Jésus
est descendu de la croix : une échelle.
14ème station : Mise
au tombeau : rappel de la porte d’un tabernacle,
demeure du Christ sur l’autel.
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