|
DE - 60 AVANT JESUS-CHRIST A 1000 APRES JESUS-CHRIST |
Vers 57 avant Jésus-Christ, la forme saxonne
de son nom, dérivait de "Marca, Marcha et Mearc"
qui signifie frontière. En effet, Marck se trouvait
placée à l'extrémité nord de la Morinie,
et à la droite du "Sinus Itius", bras de mer
qui entrait dans les terres, à l' emplacement de Calais.
Ce dernier s'étirait comme
un grand canal jusque Sithiu (Saint-Omer).
Bloquée par les légions qui avaient
dressé un cercle de défenses formées par six forts le
long de la mer, et six du côté terre (du Fort Nieulay
au camps de César), Marck et sa région furent investies
et les Romains y installèrent un corps de cavalerie.
A cette date, les Gaulois honorent
le dieu Lug (dieu du commerce et des techniques). Marck
est signalée sur la carte de la région sous le nom de
Lugduno. Les Romains y ayant construit un temple au
dieu Mercure (équivalent du dieu gaulois Lug). Mercurum
aurait fait dériver le nom de Mercure sous le nom de
Marck, si l'on en croit l' historien Lambert d'Ardres.
Lors de fouilles, on trouva beaucoup
de traces de la présence romaine, sous formes de fragments
divers : urnes en poterie grise, médailles de l'impératrice
Faustille (125-176 après Jésus-Christ), meubles,
lampes, clefs, fers de lances, monnaies.
De l'an 250 et jusqu'au Vème
siècle (présence romaine en Morinie), plusieurs tremblements
de terre ont provoqué raz-de-marée et affaissements
de terre laissant en place le bras de mer jusque Saint-Omer.
Il restait également quelques surélévations dont
une bande de terrain qui abrita une petite communauté
de pêcheurs pendant des années.
Au VI ème siècle, une troupe de cavaliers
Dalmates (de Dalmatie, côte de Yougoslavie) vint s'établir
sur le littoral. Marck retrouva une partie de sa prospérité,
grâce en partie à la multiplicité de troupeaux de moutons
que les Dalmates amenèrent avec eux, en exploitant les
pâturages dans les marais asséchés de l'arrière
pays.
Vers 628, au cours d'un long voyage
en Europe Occidentale, un évêque itinérant, Saint-Amand
(584-679) de passage à Marck, provoqua l'engouement
des populations. Après son départ, il fut décidé de
la construction d'une église dédiée à Saint-Martin (originaire
de Hongrie), missionnaire vénéré par les Dalmates (316-397).
En 692, l'église de Marck prit
pour Saint-Patron un évangéliste anglais, Saint-Willibrord.
Elle fut réparée et agrandie par ce dernier.

Un drakkar, navire normand |
Autour de l'an 800, pendant le règne de Charlemagne,
les menaces saxonnes puis normandes, obligèrent
les habitants à revoir leurs défenses autour de
Marck : le Fort Vert, le Fort Saint-Louis à Waldam,
et au sud de l'église, le château fort, placé
avec sa garnison, sous les ordres d'un nommé Gombourg
(de nationalité vaudale) vers 826. On le
situerait aujourd'hui vers la motte Dereuder (lotissement
"la Brasserie") où l'on a découvert
de nombreuses de fondations et souterrains.
A la mort de Charlemagne en l'an
814, un religieux Hollandais, Saint-Ludger servit
la région, et celle-ci connut encore des raids
normands dévastateurs venus du Danemark et de
Norvège. |

|
De 1000 à 1400 |
En l'année 1100, auraient vécu à Marck en son château
Fort, Elembert et son épouse Mathilde.
Eustache III, comte de Boulogne confirma
le 13 avril 1113, la fondation de l'abbaye que ses parents
avaient créé, en y apportant encore d'autres dépendances.
Sa mère Ide décède et l'on conserve ses reliques
comme sainte.
Son successeur, Arnould de Colwide
ayant pris pour femme Adèle ou Adeline (héritière d'Ardres),
réunit par cette union les seigneuries de Marck et d'Ardres.
Le 6 août 1210, Marck est séparée
de Calais et de Saint-Pierre. Cette séparation
se fait à la suite de l'intervention de Renaud de Dammarin,
comte de Boulogne qui donne à Calais une charte calquée
sur celle de Marck ; les échevinages sont ainsi distincts.
A l'époque, les lois de Marck étaient empreintes de
libéralisme et d'humanité. Les échevins de la ville
(magistrats que les seigneurs nommaient pour rendre
la justice), recevaient un traitement pour l'exercice
de leur fonctions. Leur mission était à la fois administrative
et judiciaire. Ils jugeaient au civil et au criminel.
Marck avait un bailli (chargé de perception des impôts
et gestion financière) et un sénéchal (rôle administratif
et judiciaire). Les plus anciens baillis connus sont
:
- Guillaume de Nielles (en 1191)
- Gyselbert (en 1209)
- Eustache Ghiselgreght (en 1269)
 |
Le château déjà cité plus haut,
comme un des vestiges disparus fut avec son église,
pris d'assaut et brûlé en juillet
1229 par Ferdinand du Portugal dit Ferraut, comte
de Flandre et de Hainaut. Marck perdit à cette
occasion sa charte, ancienne concession gracieuse
du comte Mathieu II d'Alsace.
Cette charte communale vit son
renouvellement effectué par la comtesse Mahaud
de Boulogne en 1253 ou 1254.
Le château fut restauré, puis
les Anglais (sous Edouard III) s'en emparèrent
en 1347 lors de la conquête de la région qui y
installèrent une garnison.
|
Le roi d'Angleterre, Edouard III ayant
renoncé au trône de France, reçut en toute souveraineté
une partie du territoire français par la signature du
traité de Bretigny le 8 mai 1360 où furent cédées
les communes de :
A cette époque, existait déjà à Marck une maladrerie
(mentionnée dans une chronique d'Andres, en 1217) qui
était un hôpital pour lépreux.

|
|
De 1400 à 1700 |
|
En 1405, Marck est investie par un seigneur français, le comte de Saint
Pol. A après avoir ravagé les côtes anglaises, il attaque
le Calaisis en 1401.
Le 23 mai 1555, Marck fut le siège d'un congrès convoqué
par Marie Tudor, reine d'Angleterre et épouse de Philippe
II d'Espagne dans le but de rétablir la paix entre Français
et Espagnols.
En 1558, lors de la remise en place
du "Pays reconquis", une commission nommée
par François II pour répartir les terres, laisse
à la commune de Marck deux cents mesures de terre labourables
et de marais.
François II (lettres patentes
de février 1560) concéda aux Calaisiens
pour le service de l'hôpital des pauvres, deux cents
mesures de terre à Marck qui constituaient une exploitation
agricole importante. Ainsi démantelée,
Marck ne redevint qu'un simple village mais conserva
son titre de doyenne.
En remplacement des paroisses cédées
à Saint-Omer jusqu'en 1790, la plus part des doyens
furent choisis parmi les curés de Calais. Il lui fut
attribué celles de :
En 1577, Henri III, roi de France compléta
les concessions faites par François II et accorda
aux habitants de Marck, Oye Plage et Waldam, sept cents
mesures de terre, à condition d'entretenir les bancs
et digues de mer.
Le 13 avril 1598, l'Édit de
Nantes, publié par Henri IV, roi de France, permit aux
protestants bannis sous le régime espagnol, de rentrer
dans le Calaisis. Ils se fixèrent notamment à Marck
et à Guînes, où des temples s'étaient érigés,
l'un en 1563 et l'autre en 1579 à Guînes.
 |
Au XVIIème siècle, Marck possédait une garnison
militaire, dont deux cents hommes unis à quatre
cents autres de la garnison de Calais s'emparèrent
le 24 octobre 1634, des Forts Bâtard (à
Nouvelle-Eglise) et Rebus occupés par les Espagnols.
De 1694 à 1696, les Anglais et les Hollandais
bombardèrent le littoral. A cet effet, Louis
XIV fit construire le Fort Vert pour riposter
à ces bombardements. Construit dans la mer sur
pilotis, au Nord-Est des jetées de Calais, il
contenait treize canons et était occupé par
dix hommes et leur sergent.
|
En plus de ces deux églises catholiques
; l'une à Marck Centre, l'autre à Waldam, la commune
posséda un temple protestant construit en 1563 dont
les Calvinistes avaient libre usage. Il fut brûlé lors
de l'incendie de Marck par des pillards Espagnols en
juin 1641.

|
|
De 1700 à nos jours
|

Louis XV
|
Avant la révolution, en 1756, il
y avait trois écoles à Marck : une au centre,
une aux Attaques (bâtie en 1718) et la troisième
à Waldam sous la direction du clergé. En l'an
III (1794), il n'en resta qu'une pour toute la
commune.
Sous Louis XV, pendant la guerre
de sept ans, des dispositions furent prises dans
le Calaisis pour défendre la région. Le territoire
de Marck servit à l'exécution de grandes manoeuvres
qui portèrent le nom de "Batailles de Marck".
Le 5 mai 1758 : création de cinq
nouvelles compagnies d'infanterie de gardes-côtes
qui campèrent sur les Hautes-Communes près de
Marck, sous les ordres de Monsieur Basse-Boulogne,
commandant la Basse-ville et sous le commandement
du prince de Croy.
Le 2 février 1790 lors de la
nouvelle organisation administrative française,
Marck fut rattachée au canton de Saint-Pierre
jusque 1801, année de la réorganisation consulaire
qui supprima le canton. Marck se retrouva dans
celui de Calais.
|
En 1832, Marck vit accroître sa population et compta
2 395 âmes et 476 maisons, lors du recensement.
A cette époque, quelques artisans fabriquaient du tulle.
Le premier maire élu au suffrage universel
le fut en 1848.
Lors de la guerre 1939-1945, la France étant occupée
par l'armée allemande, Marck vécut aussi sous la "botte"
du 23 mai 1940 au 28 septembre 1944.
Pendant ce laps de temps, l'aéroport fut le théâtre
de nombreuses visites sanglantes.
La population civile marckoise paiera
comme beaucoup d'autres villes son tribut à la guerre.
Les victimes des bombardements furent nombreuses. Le
28 septembre 1944 tout un quartier fut détruit. Plus
de trente personnes perdirent la vie. L'église datant
du XIIème siècle, le pont Pollart et le pont du chemin
de fer furent dynamités par l'occupant lors de son départ
en 1944 (la tour massive de l'église a servi de poste
de guet de 1940 à 1944).

|
|