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LE
PARRAINAGE AVEC LA FLOTTILLE 11 F |
Trois cérémonies ont scellé
l’union entre la ville de Marck et la Flottille 11 F
Serge Péron : « C’est un grand
honneur pour la ville de Marck »
Samedi matin, ont eu lieu
les trois cérémonies de parrainage de la Flottille
11 F, par la ville de Marck. Ces instants étaient attendus
depuis longtemps par les deux partenaires et par l’Association
des villes marraines. Des échanges de discours ainsi
que de cadeaux ont eu lieu, la matinée très
protocolaire avait été orchestrée par
Bernard Mailly, conseiller municipal délégué
à la prévention et à la sécurité,
mais aussi pilote professionnel retraité, qui compte
plus de quinze mille heures de vol à son actif.
Le premier rendez-vous avait
été donné aux autorités, aux personnalités
et aux invités dans le hall de l’aérogare.
Là, Serge Péron a prononcé une courte
allocution en hommage aux Morts pour la France, de la Flottille
1 C, l’ancêtre de la Flottille 11 F en ces termes
: « Dans quelques instants, nous allons dévoiler
la plaque commémorative qui honore tous les membres
de l’aéronautique navale et en particulier, ceux
de la Flottille F 1 C, Morts pour la France. Durant les quelques
mois pendant lesquels la Flottille F 1 C, ancêtre de
la Flottille 11 F, a séjourné dans notre ville,
des hommes sont morts pour la France. Ils ont laissé
leur vie pour sauver nos valeurs, notre langue, notre avenir,
la paix et notre liberté. Près de soixante-dix
ans après leur disparition à quelques dizaines
de mètre d’ici, Il nous semblait légitime
d’honorer leur mémoire. Cette plaque scellée
à jamais sur le mur de cette aérogare rappellera
à tout instant l’engagement de la Flottille F
1 C, pour la liberté des Français et, plus près
de nous, des Marckois. » Après quoi, le capitaine
de corvette Laurent de Gramont, commandant la Flottille 11
F a prononcé quelques mots avant que les deux hommes
ne dévoilent la plaque commémorative sur laquelle
il est inscrit : « A la mémoire de tous les membres
de l’aéronautique navale et en particulier à
ceux de la Flottille F 1 C (Guerre 39-45), devenue Flottille
11 F, qui ont consenti au sacrifice suprême pour l’honneur
de la France et la paix. Passant, souviens-toi ! ».
Après le dépôt d’une gerbe de fleurs,
l’Union musicale de Marck, a donné le point final
de cette cérémonie en jouant « La Marseillaise
».
Pour tous les Morts
pour la France
La seconde cérémonie
s’est déroulée devant le monument aux
Morts. Là, Serge Péron a lu le discours suivant
: « Nous sommes réunis pour honorer les victimes
civiles et militaires de toutes les guerres. Comme chaque
ville ou chaque village de France, la ville de Marck a payé
un lourd tribu lors des différents conflits armés.
Je pense notamment à la tragédie du 28 Septembre
1944. Nous sommes la dernière génération
à avoir entendu le récit de cette guerre par
ceux qui l’ont faite. Commémorer, c’est
faire de l’éducation civique, de la pédagogie
citoyenne. La France n’est rien sans ce que les Français
ont en commun. L’histoire d’un pays, c’est
le ciment de son unité. Nous devons nous souvenir en
permanence et transmettre aux générations futures,
que des personnes ont payé de leur vie pour nous permettre
de retrouver notre liberté et notre honneur. »
Deux gerbes de fleurs ont été déposées
: l’une par le maire du conseil municipal des jeunes
et un représentant de l’équipage de la
Flottille 11 F, l’autre par Serge Péron et le
commandant Laurent de Gramont. Une minute de silence a suivi
avant que l’Union musicale de Marck précède
le cortège, en direction du foyer de l’Âge,
où ont eu lieu la signature des chartes et la remise
de cadeaux. Lors de cette seconde cérémonie,
vingt-quatre élèves de l’école
primaire Victor Hugo étaient présents, entourés
de leurs parents et de leurs enseignants. La population marckoise
était également devant le Monument aux Morts.
Gérard Gavory, le sous-préfet de l’arrondissement
de Calais s’était joint aux personnalités
lors de cette seconde cérémonie.
Une cérémonie
empreinte d’histoire
La troisième cérémonie
s’est déroulée au foyer de l’Âge
d’or. Sur la table étaient déposées
deux les chartes de parrainage qu’ont signé Serge
Péron et le commandant Laurent de Gramont, à
l’issue de la cérémonie. Chaque enfant
de l’école primaire avait comme voisin, un marin
de la Flottille 11 F. Le conseil municipal était présent,
la Communauté d’agglomération du Calaisis
était également représentée. De
nombreuses personnalités civiles et militaires, une
délégation de l’Amicale des anciens de
l'aéronautique navale de la région Nord/Pas-de-Calais,
les présidents d’associations patriotiques accompagnés
de leurs portes-drapeaux étaient également présents.
L’aboutissement
d’un long cheminement
Là aussi, Serge Péron
a prononcé un discours au cours duquel il a retracé
toute l’histoire de l’ancêtre de la Flottille
11 F, durant son séjour à Marck : « Ce
samedi 14 mars 2009 est un jour à marquer d’une
pierre blanche pour les Marckoises et les Marckois et bien
entendu, les militaires de la Flottille 11 F. Cette cérémonie
de parrainage marque l’aboutissement d’un long
cheminement qui a débuté en 2005, date de nos
premiers contacts. Après que le conseil municipal eut
délibéré à l’unanimité
sur l’opportunité de ce parrainage, une longue
période pré-électorale, puis électorale,
nous ont empêchés de mener à bien notre
projet, le devoir de réserve des militaires s’imposant
à ces moments-là. Ce jour, nous concrétisons
un projet que l’Association des villes marraines, représentée
ce jour par son délégué général,
monsieur Gérard Moukbirian, monsieur le capitaine de
corvette Yves Méjean, monsieur le capitaine de corvette
François-Xavier de Bengy, les anciens commandants de
la Flottille 11 F, monsieur le capitaine de corvette Laurent
de Gramont, l’actuel commandant et la ville de Marck,
avaient initié. En décembre 2006, monsieur Gérard
Baude, le directeur général des services municipaux
et moi-même, avons eu l’honneur et l’immense
plaisir de séjourner sur le porte-avions « Charles
de Gaulle » en rade de Toulon. Nous répondions
à l’invitation de l’Etat-major de la Flottille
11 F. C’était la première rencontre entre
les membres de cette unité et notre ville. Ensuite,
il y a presque un an, un groupe d’écoliers s’est
rendu à Landivisiau, afin de visiter la base de la
Flottille 11 F. Cette initiative sera réitérée
cette année en juin avec un autre groupe d’enfants,
car nous tenons à impliquer les enfants de nos écoles
dans ce parrainage, car eux seuls, pourront transmettre, par
le biais de ces échanges, le souvenir du passage des
hommes de la Flottille 11 F, qui ne portait pas encore ce
nom, lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pour aborder cette
période de notre histoire, j’aimerais, en quelques
mots, rappeler l’implication de votre Flottille à
Marck, dès 1939. »
Un remerciement à
titre posthume
Après la lecture de
cette page d’histoire, Serge Péron a conclu son
discours en ces termes : « Avant de conclure, j’aimerais
insister sur la coopération des habitants des Hemmes
de Marck qui, durant cette période, ont hébergé
les équipages des AC1 et AC2. Qu’ils soient remerciés
à titre posthume, près de soixante-dix ans après
les faits, ce message s’adresse à leurs enfants
et petits-enfants. Il s’adresse de même, à
tous les militaires qui ont séjourné à
cette époque, sur l’aérodrome de Marck.
La connaissance de notre passé est une nécessité
pour préparer notre avenir, que j’espère
pacifique. Ce parrainage permet de développer des liens
socio-éducatifs extrêmement enrichissants notamment
au niveau pédagogique. Il constitue un moyen d’ouverture
culturelle exceptionnel sur le monde et contribue à
sensibiliser les jeunes aux valeurs citoyennes et à
la défense de l’Etat de droit tout en leur permettant
notamment de découvrir les métiers de l’aéronavale.
Je tiens à remercier les parents et les enfants qui
ont bien voulu s’associer à cette cérémonie
de parrainage, sans oublier l’ensemble des militaires
de la Flottille 11 F. Je le répète, ce parrainage
est un grand honneur pour tous.
Un parrainage pour
toujours
Le commandant Laurent de Gramont
a chaleureusement remercié Serge Péron et la
municipalité pour l’accueil qui lui a été
réservé ainsi qu’aux vingt-trois autres
militaires. Il a cité la phrase d’un célèbre
humoriste de notre région à savoir que lorsqu’on
venait dans le Nord, on pleurait deux fois, la première
en arrivant et le seconde fois, au moment de repartir. Gérard
Moukbirian a pris la parole pour féliciter tous les
protagonistes qui ont permis cette union : « Vous venez
d’entrer dans le cercle très fermé des
cent-soixante villes marraines, Plus rien ne pourra vous séparer,
la Ville de Marck ne pourra plus parrainer une autre unité,
la Flottille 11 F ne pourra jamais avoir une autre ville marraine.
» Avant la séance de photos, ont eu lieu des
échanges de cadeaux entre le maire et le commandant
de la Flottille 11 F, et entre les membres de cette unité
et les enfants de l’école primaire Victor Hugo.
Ces derniers se rendront à Landivisiau, là où
est basée la Flottille 11 F, ce sera au mois de juin.
Extrait du Nord Littoral paru le 18 mars
2009
CEREMONIE A L'AEROGARE
CEREMONIE AU MONUMENT AUX MORTS
CEREMONIE AU FOYER DE L'AGE D'OR
EXTRAITS DU DISCOURS
DE SERGE PERON
Dès septembre 1939,
l'escadrille de chasse AC 1 commandée par le lieutenant
de vaisseau Ferran, en provenance de Querqueville, près
de Cherbourg, arrive à Marck avec ses antiques «
Dewoitine 376 ». Elle n'y reste que quelques jours.
Plus tard, début janvier 1940, l'escadrille de chasse
AC1 est de retour. Elle récupère des «
Potez 631 », mais à cause des températures
glaciales, de la neige, de la boue qui recouvre la piste,
les pilotes ne peuvent s'entraîner que quelques jours.
Le 6 mars 1940, les escadrilles AC1 et AC2 de l'Aéronautique
navale sont regroupées pour former la Flottille F1C
qui sera stationnée à Marck sous les ordres
du capitaine de corvette Jozan. Equipées chacune de
douze bimoteurs « Potez 631 », elles cohabitent
dès lors avec des « Bloch ». La Flottille
1 C deviendra par la suite la Flottille 11 F.
Plusieurs morts lors
d’une attaque ennemie
Le 10 mai 1940, les bombardiers
des forces aériennes ennemies se font entendre avant
l'aube dans le Calaisis. A 4 heures 15, trois « Bloch
» de la 3ème escadrille du Groupement de chasse
2/8 sont mis en route, mais un seul, moins récalcitrant,
parvient à décoller. Quatre « Potez »
de l'AC2 s'envolent également avant que les bombes
ne commencent à tomber. Les dégâts seront
minimes pour la piste, opérationnelle avant midi, et
pour les avions de la flottille de chasse. Mais il n'en est
pas de même pour le Groupement de chasse 2/8. Les huit
« Bloch 152 » de la 3ème escadrille, rassemblés
à l'est du terrain, sont plus ou moins gravement touchés
au cours d'une passe de mitraillage, et plusieurs mécaniciens
sont tués. Trois appareils au moins sont irrémédiablement
détruits.
Les avions ennemis plus puissants
Dans la journée, un
« Potez » de l'AC2 se voit également confirmer
la chute d'un « Junkers 52 » près du port
de Calais, tandis que deux pilotes de l'AC1 abattent, en collaboration,
un « Heinkel 111 » à proximité du
terrain. Vers 21 heures, le terrain est la cible d'un nouveau
bombardement, mais celui-ci n'a pas de conséquences.
Le lendemain, une dizaine de pilotes du Groupement de chasse
2/8 partis la veille chercher des appareils en renfort, reviennent
de Châteaudun avec de nouveaux « Bloch 152 ».
Conjointement, la F1C et le Groupement de chasse 2/8 participent
jusqu'au 13 mai à des missions de protection de convois
maritimes en Mer du Nord. Le 11 mai, les « Potez »
de la F1C obtiennent une victoire homologuée et deux
probables sur des « Heinkel 111 », mais les bimoteurs
français montrent leurs limites face aux « Messerschmitt
110 » de protection, qui interviennent et en abattent
deux, coup sur coup.
Le
repli en 1940
Le 13 mai 1940, l'escadrille
AC2 touche six « Bloch 151 » ramenés d'Orly,
mais l'un d'entre eux est contraint de se poser train rentré
sur la piste. Du 14 au 17 mai, le Groupement de chasse 2/8
est mis à la disposition du Groupement de chasse n°
25 de l'armée de l'Air. Dès lors, il utilise
le terrain de travail de Maldeghem, en Belgique, pour opérer
aux Pays-Bas. Le plus souvent, les chasseurs s'y posent à
l'aller pour compléter les pleins, et rentrent directement
à Marck au retour. Ils remportent encore deux victoires
sûres sur des « Heinkel 111 » le 14 mai,
mais déplorent pendant ces quelques jours la perte
de cinq « Bloch ». Le 16 mai, un « Potez
» de l'AC2 revendique un « Heinkel 111 »
au large d'Ostende, et le 17, c'est un pilote de l'AC1 qui
se distingue de la même manière au cours d'une
mission d'escorte sur le Sud des Pays-Bas. Le 18, la F1C et
le Groupement de chasse 2/8 agissent de nouveau en collaboration.
Au cours de la protection d'un convoi maritime au large d'Ostende,
deux « Heinkel 111 » sont abattus par les «
Bloch » du Groupement de chasse 2/8. De leur côté,
deux « Potez 631 » de l'AC2 attaquent une formation
de « Stuka » à Nieuport, en abattent chacun
un, avant que des « Messerschmitt 110 » ne leur
fassent subir le même sort. Les Allemands se rapprochent
mais la confirmation de l'ordre d'évacuation tarde
à venir. Il ne parvient qu'à l'aube du 20 mai
pour le Groupement de chasse 2/8. Deux « Bloch 220 »
de transport effectuent plusieurs fois la navette dans la
journée pour emmener les pilotes sans avion et quelques
mécaniciens, tandis que les quinze « Bloch 152
» rejoignent Villacoublay.
D’après une
étude de Daniel Persyn.
Extrait du Nord Littoral
paru le 18 mars 2009
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